Une journée à Khartoum (2)

Les constructions étaient très différentes. J’étais très impressionnée par l’architecture des mosquées. L’une de celle qu’on ne peut trouver que dans les pays du moyen orient. Très esthétiques et très joyeuses (Utilisation de différentes couleurs et de différentes formes géométriques pour décorer les sommets des mausolées), les mosquées de ce pays donnent une empreinte très arabe et une présence très forte de l’Islam.

Le reste des constructions n’est pas aussi artistiques, les maisons sont simples et d’allure très basique. Peut importe la couleur qu’on leur a donné après construction,  aujourd’hui, elles ont en toutes une de poussière rougeâtre. Je n’ose pas dire que cette couleur s’approche de la saleté (comme je l’ai déjà entendu de la bouche de quelques internationaux qui travaillent à Khartoum), pour moi, elle s’approchait plutôt de la couleur de la nature de la région. Une nature déserte, sèche, et bouffée par les tourbions de sable qui s’imposent aux ruelles de la ville au moins une fois tous les trois mois.

Mise à part les quelques signes de pauvreté et de misère remarquées dans les tous les sens de la ville (quoique le Soudan est un pays dit « Riche » par ses ressources pétrolières), l’atmosphère générale est plutôt à découvrir. Dans un coté les arabes très amicales et très accueillants qui vous recevraient les bras ouverts (Dans un sens ou ils vous offriraient tout ce qu’ils ont dans leurs frigidaires rien que pour vous tenir compagnie), et d’un autre les africains en provenance du sud qui se tapent tous les travaux difficiles pour nourrir leurs familles (tribunes du Sud du pays : Sud Kordofan, Nuba Mountains, Juba et ses régions…). Chez ces derniers, une allure joyeuse est abondante, ils partagent le sourire, le chant, et la présence, signent de la vie que les gens du nord ont du mal à offrir.

Je ne pense pas que les gens du nord soient incapables de partager leurs joies (Comme j’ai pu arracher de force quelques sourires d’ici et de là), je pense seulement,  qu’ils soient oppressés par un système qui leur est infligé…  Ce n’est pas facile de voir toutes ses libertés disparaitre avec la naissance de chaque nouveau jour sous les pressions d’un gouvernement dont le but est de contrôler la pensée d’une nation pour en faire un courant envers un Soudan uni et concentré sur la vénération extrême de Dieu, sans aucune autre débauchée sur une vie d’équilibre. L’islam est après tout une religion d’équilibre…

Ce ne sont que mes impressions et mes pensées qui s’en suivent, je ne pense être en mesure de faire des analyses sociologiques, j’aime Khartoum pour son déséquilibre (à mes yeux), ses constructions et sa nature forte de présence. Je l’aurais nommé en termes de mes références limitées : Ancienne Baghdâd du 21 siècle.

Ce fut un temps intéressant à Khartoum.

Rédigé à Juba, le 6 Septembre 2010.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s