Le sentiment de crise

L'homme sans qualités - Tome I« Le lever, le coucher de soleil et de la lune, les phases de la lune, de phénomènes importants, étaient conformes aux prédictions qu’en avaient faites les annuaires astronomiques. La tension de vapeur dans l’air avait atteint son maximum, et l’humidité relative était faible. Autrement dit, si l’on ne craint pas de recourir à une formule démodée, mais parfaitement judicieuse : c’était une belle journée d’août 1913. » (MUSIL, Robert, L’Homme sans qualités, Tome 1, Éditions du Seuil, Paris, 1995, p. 11.).

Ces quelques lignes qui nous introduisent à l’un des chefs-d’œuvre du siècle dernier, L’Homme sans qualités, manifeste un malaise que nous appelons le « sentiment de crise ». Il naît en Europe à la fin du XIXe siècle avec une remise en question de la religion, des systèmes sociaux et politiques et de la tradition historique, la modernité.

Observateur attentif, Robert Musil (1880-1942), à travers Ulrich, personnage principal de L’Homme sans qualités, dépeint non seulement un être humain dépourvu de repère, confus à la veille de la Première Guerre mondiale mais également une société en mutation, en pleine crise identitaire. Il présente la transition de l’homme de la modernité à la postmodernité et annonce ses maux d’aujourd’hui.

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