novembre 2008


confessions1” J’étouffais, je soupirais, je pleurais, j’étais sens dessus dessous. Plus de repos, plus de raison. Je portais, fendue et sanglante, mon âme impatiente à se laisser porter, et je ne savais où la mettre. Ni les riants bosquets, ni les jeux et les chansons, ni les sites doux-fleurants, ni les repas soignés, ni la volupté de la chambre et du lit, ni la lecture et la poésie ne lui donnaient de repos. Tout me faisait horreur, même la lumière; tout ce qui n’était pas lui m’était mal venu et odieux, sauf gémir et pleurer.”

 

Saint Augustin, Confessions, Livre IV, 7.

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L'homme sans qualités - Tome I“Le lever, le coucher de soleil et de la lune, les phases de la lune, de phénomènes importants, étaient conformes aux prédictions qu’en avaient faites les annuaires astronomiques. La tension de vapeur dans l’air avait atteint son maximum, et l’humidité relative était faible. Autrement dit, si l’on ne craint pas de recourir à une formule démodée, mais parfaitement judicieuse : c’était une belle journée d’août 1913.” (MUSIL, Robert, L’Homme sans qualités, Tome 1, Éditions du Seuil, Paris, 1995, p. 11.).

Ces quelques lignes qui nous introduisent à l’un des chefs-d’œuvre du siècle dernier, L’Homme sans qualités, manifeste un malaise que nous appelons le « sentiment de crise ». Il naît en Europe à la fin du XIXe siècle avec une remise en question de la religion, des systèmes sociaux et politiques et de la tradition historique, la modernité.

Observateur attentif, Robert Musil (1880-1942), à travers Ulrich, personnage principal de L’Homme sans qualités, dépeint non seulement un être humain dépourvu de repère, confus à la veille de la Première Guerre mondiale mais également une société en mutation, en pleine crise identitaire. Il présente la transition de l’homme de la modernité à la postmodernité et annonce ses maux d’aujourd’hui.

J’ai souvent oublié de respirer…

D’abords, il y a ces moments de faiblesse ou l’être est totalement abandonné aux bruits des corps qui l’entourent, une atmosphère ou l’air frai semble disparaitre, notre petite logique, l’abri de nos sens avec…

Quand les choses semblent être impossibles, nos reflexions vont tellement vite que respirer devient un détail, on s’oublie, on se retient de vivre, on fane…

Puis, quand on est tellement droit dans ce qu’on fait, tellement occupé (Nous, misérables humains cherchons toujours l’occupation, pour échapper au lamentable train train quotidien…), tellement seul dans une bulle faite du succès et du devoir.

Je trouve beaucoup de mal à décrire mes pensées au moyen des mots, je ne sais pour quelle raison je me sens pourtant obligée de le faire. Peut être par respect pour ce dernier lien sacré qui me sauve encore en m’offrant les fourbes pensées de mes semblables en un tuyau de signes et de sens, que mon esprit mal à l’aise essayera de mettre en ligne pour déduire des images et des êtres.

Pour conclure, me voilà encore qui oublie de respirer, mes sens semblent être en disfonctionnement, je n’écoute que 5% de ce qu’on me dit, je ne comprends que 2% de ce que j’écoute, je ne réalise que 1% de ce  que je comprends… mon référent s’affaiblie, mon sourire se crispe, mais rêves s’éloigne un peu plus encore, et puis, je vieillis… en regardant le monde bouger, des fois même naitre sous l’éclats des plus grandes choses qui n’aient jamais exister, les étoiles.

Always bear in mind : your random walks make you original.