Soir lumineux,
Parfum de gitane,
Maison silencieuse,
Musique dorée,
Eau claire…
Routes désertes,
Sourires abimés,
Enfance perdue,
Cheveux noires,
Souvenirs d’amitié…
Noir de nuit,
Froid de brume,
Pensées fatidiques,
Peur de vivre,
Eprit blasé…
Petit matin,
Routes fleuries,
Soleil réchauffant,
Confiance humaine,
Couleurs…
Vent de sable,
Chaleur de souffle,
Yeux fermés,
Cœur ouvert,
Respire…
Beauté sur dunes,
Tapis printemps,
Ciel rajeunit,
Ecart pensées,
sentiments soudés…
amis à vie,
heureux ce soir,
demain rapproche,
demain éloigne,
peur de vivre…
essaies encore,
parfaites illusions,
vent frai,
lave pensées,
calmant des peines…
heureuses sensations,
retrouvailles encore,
un soi agité,
Arme mortelle,
un vide atroce…
Attente éternelle,
Voyage encore,
un ciel ouvert,
Carte usée,
des routes croisées…
des perles brillantes,
des ondes chaleureuses,
des rires tardifs,
Pinceaux de bois,
Couleurs en soie…
Amours éphémères…
Une vie sans fin…
« Törless, au supplice, repoussait de son bras tendu l’épaule de Basini. Mais la brûlante proximité de cette peau douce qui n’était pas la sienne l’obsédait, le cernait, l’étouffait. (…) Il continuait à repousser de ses deux bras le corps de Basini ; mais il y avait sur eux comme une chaleur pesante, humide ; ses muscles se relâchèrent ; il les oublia… Il fallut qu’un autre mot étincelât pour le réveiller, parce qu’il sentit soudain, comme une réalité terriblement insaisissable, que ses mains, dans une sorte de rêve, avaient attiré Basini plus près. (…) Alors Törless renonça à chercher des mots. La sensualité qui s’était lentement insinuée en lui à chaque accès de désespoir avait pris maintenant toute sa force. Elle était couchée nue à côté de lui et lui couvrait la tête de son souple manteau noir. Elle lui soufflait à l’oreille de tendres conseils de résignation, elle écartait de ses doigts brûlants, comme inutiles, toutes questions et tous devoirs. Elle murmurait : dans la solitude, tout est permis. »